Les Deux Auberges

Première publication

Le récit a été publié pour la première fois dans Le Figaro du 25 août 1869.

Repris dans le recueil des Lettres de mon moulin (1869).

Résumé

De retour de Nîmes, le narrateur s’arrête au relais de Saint-Vincent. Au bout du hameau, deux auberges se font face de part et d’autre de la route. L’une respire la gaieté et la joie de vivre, l’autre la tristesse et l’abandon.

Extrait

Le voisinage de ces auberges avait quelque chose de saisissant. D’un côté, un grand bâtiment neuf, plein de vie, d’animation, toutes les portes ouvertes, la diligence arrêtée devant, les chevaux fumants qu’on dételait, les voyageurs descendus buvant à la hâte sur la route dans l’ombre courte des murs ; la cour encombrée de mulets, de charrettes ; des rouliers couchés sous les hangars en attendant la fraîche. À l’intérieur, des cris, des jurons, des coups de poing sur les tables, le choc des verres, le fracas des billards, les bouchons de limonade qui sautaient, et, dominant tout ce tumulte, une voix joyeuse, éclatante, qui chantait à faire trembler les vitres :

La belle Margoton

Tant matin s’est levée,

A pris son broc d’argent,

À l’eau s’en est allée…

… L’auberge d’en face, au contraire, était silencieuse et comme abandonnée. De l’herbe sous le portail, des volets cassés, sur la porte un rameau de petit houx tout rouillé qui pendait comme un vieux panache, les marches du seuil calées avec des pierres de la route… Tout cela si pauvre, si pitoyable, que c’était une charité vraiment de s’arrêter là pour boire un coup.

Liens

Consulter l’œuvre intégrale (gallica.fr)

Écouter le récit (litteratureaudio.com) – Donneuse de voix : Romy Riaud